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Ce qui reste après la Douleur

Marie Torres - 8 mars 2017
Abandonnée par son premier amour puis grièvement blessée dans un attentat suicide à Jérusalem, Iris revient sur ces périodes douloureuses de son existence au moment où la vie semble lui donner une nouvelle chance. Va-t-elle la saisir ou est-il trop tard ? Un beau roman qui donne à réfléchir.

« Tu te souviens quel jour on est, aujourd’hui ? »

C’est Micky qui, dès l’ouverture du roman, pose cette question à Iris, son épouse. Et la douleur revient.

Dix années plus tôt, une journée débutait. Une journée comme aujourd’hui, comme toutes les autres. Ou presque. Ce matin-là, Omer, le benjamin de la famille, lambinait alors qu’Alma, l’aînée, s’inquiétait d’arriver en retard à l’école. C’est alors que le téléphone avait sonné : Micky était appelé d’urgence à son bureau, une panne informatique bloquait tout le système. Il avait malgré tout insisté pour accompagner les enfants à l’école mais, au final, c’est elle, Iris, qui les avait déposés. Et c’est en revenant, qu’elle avait dépassé, en plein centre de Jérusalem, un bus à l’arrêt…

« […] et soudain le pire bruit qu’elle ait jamais entendu avait frappé ses tympans, suivi d’un silence total. Assourdie non pas par la puissance de l’explosion – jaillissement quasi volcanique de matière inflammable, de vis, de clous et d’écrous mélangés à de la mort-aux-rats pour augmenter les saignements – mais par une autre voix, plus profonde, plus effroyable encore, celle des dizaines de passagers brutalement arrachés à la vie… »

Dix ans plus tard, si la douleur est toujours là, si ses enfants posent quelques problèmes, si son couple bat de l’aile, Iris, directrice d’école, reste une combattante. Une ambitieuse. Jusqu’au jour où elle reconnaît, sous les traits du médecin qu’elle vient consulter pour ses douleurs, Ethan, son premier grand amour. Ethan qui l’a, une vingtaine d’années auparavant, froidement et brutalement éjectée de sa vie.

Le passé ressurgit. Les sentiments aussi. Mais est-ce suffisant pour tout recommencer ? Pour abandonner Alma qui, fragilisée par la dépression et les souffrances de sa mère après l’attentat, semble être tombée sous l’emprise d’un gourou ?

Et, Zeruya Shalev, elle-même blessée lors d’une explosion en janvier 2004, nous montre qu’il n’est pas toujours simple de faire des choix, tout en analysant, avec minutie et sans pathos, l’état de détresse dans lequel tombent les victimes d’attentats et leur entourage. Un très beau roman.

Marie Torres pour www.micmag.fr
Douleur
Zeruya Shalev
Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz
Editions Gallimard,
21 euros

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