Paris - 

Cinéma :"Difficile de rire aux éclats devant l’état actuel de la distribution indépendante"

Acid - 6 octobre 2015
Comment se font les distributions de films ? Magouilles de grands groupes... Grandes misères...Tout n'est pas rose dans le monde du cinéma. Acid (l'association du cinéma indépendant) nous porte un faisceau de lumière.



Les propos tenus cette semaine par un directeur de grand groupe d’exploitation dans le Figaro et Le film français auraient pu nous faire rire tant le procédé est dans l’air du temps et manque singulièrement d’imagination : dénoncer l’opacité des conditions d’obtention des aides, stratégie d’attaque du (jeune) loup comme seule défense… (1)

Plus c’est gros plus ça passe… Ou comment crier très fort pour stopper les velléités actuelles de transparence dans l’exploitation cinématographique…

Mais, même si l’humour reste la politesse du désespoir, difficile de rire aux éclats devant l’état actuel de la distribution indépendante et des ayant-droits en général, appauvris par un partage de valeurs de plus en plus inégalitaire au bénéfice des grands groupes d’exploitation et ce dans une opacité grandissante. Car en effet l’opacité est la règle, mais plutôt du côté des nouvelles pratiques qui régissent désormais certains grands circuits d’exploitation cinématographique.


Un seul chiffre : la promotion des films, relevant auparavant du « travail » de l’exploitant, est désormais payante pour les distributeurs dans les grands circuits : chaque année dans ces salles, près de 100 millions d’euros sont ainsi versés en publicité aux exploitants.


Puisque plus de transparence est réclamée, soyons donc transparents ! Sur le fait par exemple qu’un distributeur indépendant soit quasiment obligé (en toute discrétion) d’acheter des dizaines de milliers d’euros de publicité (bande annonces, affichage…) dans un circuit pour y voir son film programmé, et puisse se retrouver le lundi matin précédent la sortie sans aucune salle dans le circuit en question ou dans une seule petite salle d’un quartier non porteur… Au final, 1000 euros de recettes pour 30 000 euros dépensés en promotion, qui dit mieux ? Allons jusqu’à briser le tabou et expliquons que ces milliers d’euros proviennent déjà en partie du CNC via les aides à la distribution, et demandons à la grande exploitation combien d’aides directes et indirectes souhaite-elle ainsi continuer à cumuler !!!??


Soyons également transparents sur toutes les nouvelles recettes annexes, frais payés par le public et non inclus dans la recette distributeur (frais de gestion, lunettes 3D, vente sur Internet, billets achetés mais non consommés, cartes illimitées…), sur le respect des engagements de programmation, la multidiffusion, les déprogrammations sauvages, le coût des VPF à la tête du client etc. etc., la liste est tellement longue…


Rappelons enfin qu'outre ces nouvelles recettes annexes, les recettes sur les billets de cinéma depuis 10 ans ont augmenté de 3,6 % pour les distributeurs alors qu'elles augmentaient dans le même temps de 23,14 % pour les exploitants.


Nous saluons le service de l’exploitation du CNC d'avoir inclus l’an dernier, dans les dossiers pour l’obtention du classement Art et essai des salles, des questionnaires financiers relatifs aux recettes ainsi confisquées aux ayant droits. Nous appelons les pouvoirs publics à poursuivre le travail en cours à la fois sur la loi de création actuellement examinée au Parlement mais également sur la poursuite des discussions du volet exploitation des assises pour la diversité du cinéma.


(1) cf les déclarations et réactions sur www.lacid.org :


http://www.lacid.org/LE-FILM-FRANCAIS


http://www.lacid.org/LIBERATION










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