France - Vintage

Frous frous - Corsets-Guêpières -Courir le jupon...

Monique Cabré - 27janvier 2013
Corsets, guêpières, bustiers… sculptent le corps de la femme et aiguisent les désirs. C’est entre les années 1900 et 1960 que la lingerie féminine se fait sensuelle, riche, diversifiée. Terriblement érotique, elle attire bon nombre de collectionneurs et de fétichistes.
Publicité années 50 copyright D.R.

 

 

Froufrous, lacets à délacer délicieusement, rubans de soie à dénouer, dentelles à soulever, dès la Belle Epoque, les dessous se superposent, véritables armures pour la femme ainsi sanglée. Les cartes postales érotiques du début du siècle dévoilent malicieusement ces dessous mystérieux portés par d’angéliques friponnes qui incitent ces messieurs à courir le jupon.

 

La main au panier !

 

Parmi tous ces accessoires qui ont marqué le XXè siècle, le corset reste la pièce la plus symbolique et la plus recherchée des collectionneurs. Utilisé depuis la nuit des temps, il est remis à l’honneur vers 1810, sculptant magnifiquement le corps, mettant en valeur la poitrine et une taille très fine (entre 50 et 60 cm). Les femmes se pâment, s’évanouissent, enserrées dans ces corsets rigides, tandis qu’on leur fait respirer les senteurs poivrées qui se dégagent de jolies vinaigrettes. Les catalogues des grands magasins vont largement contribuer à souligner la richesse de ces dessous.

A partir de 1905, le corset s’assouplit, s’allège, avant d’être remplacé par les premières gaines. Dans les années 1925, la femme se libère et son corps suit le mouvement. Les cheveux se portent à la garçonne, la poitrine se fait plate, les robes adoptent des lignes droites et les bas sont sublimés par la luminosité de la soie et de la rayonne apparue en 1924. Les jambes ainsi mises en valeur attirent tous les regards et aiguisent les désirs. Pour les maintenir, les femmes redécouvrent le porte-jarretelles (breveté en 1876) qu’elles accessoirisent avec raffinement. Oublié le pantalon d’avant-guerre, les culottes fendues et place à la culotte large et volantée vendue avec sa combinaison et plus simplement, à la culotte en jersey. Place à la frivolité avec les déshabillés de soie qui font oublier les innombrables et encombrants jupons.

 

Courbes délicatement dessinées

 

Les années 1930 marquent la reconquête des courbes délicatement soulignées par des gaines souples dont le modèle « Le Gant » lancé par la firme américaine Warner en 1931. Et pour mieux séduire, aux couleurs traditionnelles, blanches, noires et chair, s’ajoutent des roses, des rouges, des bleus ciel.

La Seconde Guerre mondiale et les restrictions qui lui sont liées, obligent la femme à faire durer ses jolis dessous et à oublier les bas de soie. Le mythe de pin-up venu tout droit des Etats-Unis, va alors faire fureur dans la presse, au cinéma, dans la publicité. Partout elle s’affiche, provocante, sexy, faussement pudique et terriblement attirante. Les fabricants de lingerie vont alors suivre ce mouvement et profiter d’un nouveau matériau découvert en 1938, le nylon. Ce textile synthétique va permettre toutes les fantaisies et démocratiser une lingerie fantaisie désormais d’un coût abordable. A la fin des années 60, le fameux ensemble blanc en nylon, appelé « BB », parce que porté par Brigitte Bardot dans le film de Vadim « Et Dieu créa la femme », fait fureur. Les nuisettes se font suggestives, le combiné (gaine haute avec soutien-gorge) et la guêpière avec ses jarretelles, créée par Marcel Rochas en 1945, galbent les formes et émoustillent les sens. 

A partir des années 1955, certaines femmes préfèrent la nouvelle culotte taille basse, assortie d’un porte-jarretelles qui enserre la taille ou encore le bustier, tout aussi suggestif. La femme s’épanouit, se permet des audaces encouragées par l’apparition de nouvelles fibres synthétiques comme le lycra en 1959. Les années 60 sont marquées par la mini-jupe terriblement sexy et le collant tellement décrié. La lingerie féminine va alors subir un déclin dans les années 70, pratique, sans fioritures, d’une extrême simplicité. Il faudra attendre la décennie suivante pour qu’elle retrouve ses lettres de noblesse, portée par de nouveaux matériaux comme le cuir ou le plastique, annonciateurs de nouvelles tendances et de nouveaux désirs.

 

 

1
2
3
4
5

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

ÉVÉNEMENTS

VINTAGE & COLLECTIONS

Vous voulez tout connaître sur la Saint Valentin ? Son origine, ses rites, ses pratiques ? La rédaction de micmag.net vous a concocté un bon petit dossier… Lire la suite, ici.



SORTIR À PARIS

Qui n’a jamais rêvé de découvrir les secrets de l’espionnage ? Les clichés et les fantasmes sur le monde du renseignement sont nombreux, mais quelles sont leurs limites  ? "Espion", l'exposition de la Cité des sciences et de l'industrie vous offre une intrigue unique imaginée à partir d’une documentation sur l’espionnage qui en dévoile l’envers du décor… La suite ici.

BRÈVES

Bowie donne son nom à une rue

Le 10 janvier, le maire du XIIIe arrondissement de Paris a confirmé qu'une rue prendrait le nom de David Bowie dans le quartier de la gare d'Austerlitz. Un vote est prévu en février.

 
Marbella, le paradis et l'enfer des narcos
Marbella,  refuge de milliardaires en Espagne, 6 assassinats en pleine rue en trois mois. Le dernier, un français de 60 ans. Guerre de clans de narcos ? La police est muette.
 
Le sous marin des narcos
Sur les côtes de Galice (Espagne), la police a repéré un sous marin chargé de 3000 kg de cocaïne pure estimé à plus de 100 millions d'euros. 2 personnes arrêtées et une autre en fuite. Une première en Europe. 
 
Mortel selfie
Selon une étude du All India Institute of Medical Sciences de 2018, les accidents de selfies ont fait 259 morts dans le monde entre octobre 2011 et novembre 2017.
 
"Bowie m'a montré son gros sexe pour me remercier d'une ligne de coke"
C'est ainsi que s'exprime dans son livre  Face it, la chanteuse Debbie Harry (74 ans aujourd'hui) du groupe Blondie. Elle termine par :"le sexe de David était je dois bien l'avouer impressionnant."