- Vintage

Le jukebox s'invite dans nos salons

Marie Torres - 21 mai 2016
Qui n’a jamais rêvé d’un jukebox dans son salon ? Lionel Bontemps, lui, en est entouré. Il les restaure, les dépanne et les vend depuis des années. Si vous aussi vous aimez ces belles et imposantes machines à musique, ou si vous pensez en acquérir une, quelques conseils d’un expert passionné.
Lionel Bontemps avec un jukebox AMI Continental 1 de 1961 Photo Jean-Paul Pagnon

Décorées de chrome, de bois, de plastique, elles sont belles, colorées, lumineuses, imposantes, ces drôles de machines qui offrent de la musique à la demande. A leur naissance, à la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis*, on les appelait des « phonographes automatiques à péage ». Avec le temps, leur mécanisme évolue. Elles ne sont plus « phonographes » aussi elles optent pour une appellation plus moderne. Plus juste : jukebox. « Juke », terme qui serait issu d’un mot africain « Joot », danser et « box », boîte. La boîte à danser… Mais pour en connaître plus sur leur passé, leur présent, leurs petits secrets… Lionel Bontemps, un expert passionné, répond aux questions de Micmag.net.

Micmag.net : Depuis les années 80, vous évoluez dans un univers peuplé de jukeboxes. Vous les achetez, les vendez, les restaurez… Comment vous est venu cet engouement ?

Lionel Bontemps : J’étais brocanteur dans le nord de la France ce qui m’amenait à aller régulièrement en Belgique. C’est là-bas que j’ai découvert les jukeboxes 78 tours des années 40. J’ai commencé à en acheter et à les revendre ; un jour j’en ai démonté un pour voir comment il fonctionnait et j’ai, tout simplement, attrapé le virus ! Et ça fait plus de trente ans que ça dure.

M. : Aujourd’hui, vous avez une boutique en région parisienne ?

L.B. : Oui mais ma principale activité n’est pas la vente mais la réparation, la restauration et le dépannage. Je suis avant tout un technicien et ensuite un commerçant.

M. : Un spécialiste aussi, alors pouvez-vous en dire un peu plus sur l’origine de cette « boîte à danser » ?

L.B. : Dans sa forme la plus primaire, le jukebox est apparu à la fin du XIXe siècle, aux alentours de 1880. Les premières machines, style Edison, fonctionnaient avec des cylindres. On écoutait la musique avec un tuyau - comme un stéthoscope - qu’on se mettait dans chaque oreille. Et, bien sûr, cela fonctionnait avec des pièces de monnaie. Au début des années 1900, le disque est arrivé : le 78 tours puis en 1949, le 45 tours. Par la suite, c’est la capacité des machines qui a évolué : les premières contenaient une dizaine de disques, et on est passé à 20, 30… pour arriver à 100, la capacité maximale.

M. : Aujourd’hui, le jukebox est-il toujours recherché ?

L.B. : Oui mais par les collectionneurs. Dans les années 80/90, il y a eu un phénomène de mode très important. A cette époque, tout le monde voulait un jukebox et on vendait un peu n’importe quoi, et je dois avouer qu’Ils n’ont pas tous fait de bonnes affaires !

M. : Et maintenant ?

L.B. : Le jukebox est devenu un objet de collection et nous avons une clientèle avertie qui réfléchit avant d’acheter ; qui se renseigne sur Internet sur les prix, les modèles. Il y a maintenant de vrais passionnés qui cherchent une machine en particulier et pas autre chose. Les collectionneurs se sont affinés et les prix, pour certaines machines, se sont vraiment envolés…

M. : Quel budget faut-il prévoir ?

L.B. : On peut acquérir un jukebox des années 70, pour plus au moins 1 000 euros, pour les appareils des années 50, la fourchette est très large, de 3 000 à 20 000 euros. Le prix varie en fonction du modèle mais surtout de l’état de l’appareil et aussi en fonction de sa provenance.

M. : Alors, comment bien le choisir ?

L.B. : Je dirais qu’il faut en faire le tour : regarder s’il a été rechromé, modifié ; vérifier s’il n’y a pas de pièces manquantes car parfois des éléments ont été enlevés, notamment la partie monnayeur.

M. : Pourquoi ?

L.B. : Souvent sur les machines qui sont passées par l’Amérique centrale, les monnayeurs ont été retirés ou bricolés car ils n’acceptaient pas les pièces mexicaines ou celles des pays voisins. Ceci est d’ailleurs un des éléments qui détermine l’origine de la machine. Mais disons que pour bien choisir son jukebox, il faut prendre le temps de bien regarder son état général en ne négligeant aucun détail.

M. : Et bien sûr, il doit fonctionner ?

L.B. : Il  doit surtout fonctionner !

M. :Avec des euros ?

L.B. : Si on peut arriver à le faire mais ce n’est pas toujours évident. Les machines de collection ne sont pas sensées fonctionner avec les monnaies actuelles mais avec celle de leur époque et de leur pays d’origine. Alors, soit on adapte le monnayeur à la monnaie actuelle, soit on met la machine en « crédit permanent » et on n’a plus besoin de payer pour écouter un disque.

M. : Avez-vous un modèle préféré ?

L.B. : : Je ne suis pas attaché à une machine en particulier, je suis passionné par tous les jukeboxes !

M. : Une petite préférence…

L.B. : Allez, le modèle 81 de chez Wurtzlitzer, un appareil qu’on posait sur les comptoirs. Une très jolie petite machine, sur pied ou pas. Pour moi c’est la quintessence de la technologie, tout est réuni dans cette machine. C’est un jukebox qui plait beaucoup et surtout… qui me plaît beaucoup !

*Le premier jukebox a été installé le 23 novembre 1889 à San Francisco.

Le site de Lionel Bontemps http://juke.box.classic.free.fr/boutique.html


MARIE TORRES POUR WWW.MICMAG.NET
La boutique/Atelier
38 bis, avenue Augustin Dumont
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De 14 h à 19 h
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  • Jukebox Wurlitzer 750 - Photo LB
  • Jukebox Wurlitzer 850 Photo Eric Touzé
  • Jukebox Wurlitzer 1900 Photo Eric Touzé
  • Jukebox Wurlitzer 950 Photo Eric Touzé
  • Détail jukebox Wurlitzer 950 Photo Eric Touzé
  • Jukebox Wurlitzer 1800 - Photo LB
  • Jukebox AMI i - Photo LB
  • Jukebox Continental 2 J - Photo LB
  • Jukebox Filben Maestro - Photo Photo Eric Touzé

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