- Lire

Un très long week-end d'ivresse

Marie Torres - 21 octobre 2016
Entre euphorie et angoisse, la longue descente aux enfers d’un écrivain raté qui, resté seul durant un long week-end, se laisse aller à son passe-temps favori, s’enivrer. Roman-culte sur l’addiction, Poison, édité à l’origine en 1946, est un véritable petit chef-d’œuvre. A consommer sans modération.

« J’aimerais que tu changes d’avis et que tu nous accompagnes. »

Wick ne réussira pas à convaincre son frère, Don, de les accompagner, son amie Helen et lui, à l’Opéra. Ce n’est pas qu’il pense qu’il est primordial pour Don d’assister à la représentation de Tristan, mais il est essentiel de ne pas le laisser seul. Essentiel de le détourner de ses démons ou du moins de son démon, l’alcool. D’autant plus que Wick a prévu de l’emmener à la campagne pour un long week-end au vert.

Mais Don, l’écrivain en mal d’inspiration, en décide autrement.  Resté seul, il chaparde les vingt dollars posés sur la table de la cuisine destinés à la femme de ménage, et part retrouver son refuge. Un bar-restaurant de la deuxième avenue.

« Une fois le verre devant lui, il se sentit mieux. Il ne le but pas immédiatement. Maintenant qu’il le pouvait, il n’en éprouvait plus le besoin. Au contraire, il s’offrit le luxe de l’ignorer pour un temps. {…] Et quand, pour en finir, il leva son verre jusqu’à ses lèvres, ce fut avec un air excédé qui semblait dire : Ma foi, je suppose que je ferais aussi bien de le boire, maintenant que je l’ai commandé. »

Don échappera au week-end à la campagne organisé par son frère et sombrera, heure après heure, jour après jour, dans un long délire intérieur. Une sorte de monologue, tantôt exalté, tantôt angoissé.

Publié en 1946, et réédité par les Editions Belfond en septembre dernier, ce roman de Charles Jackson nous plonge dans l’engrenage infernal d’un alcoolique. Naturellement, sans aucun fard. Et c’est cette authenticité appuyée par la belle écriture de l’auteur qui ont fait, et qui font, de Poison, un roman-culte. A (re)découvrir.

Marie Torres pour www.micmag.fr
Le poison
Charles Jackson
Traduction Denise Nast
Editions Belfond Vintage, septembre 2016
17 euros

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

Events

Vintage world (Click on the title)

Liverpool : Sur les docks,
quatre garçons dans le vent

Liverpool ? On peut bien sûr penser à son équipe de foot mais aussi et surtout à ses quatre fabuleux garçons. Paul, John, George et Ringo à qui la ville rend un magnifique et permanent hommage. Embarquement immédiat. La suite, ici.

Going out in Paris

Dès la nuit tombée, l’intérieur des Invalides s’anime grâce à la magie de la lumière, de la musique orchestrale et du vidéo mapping pour dévoiler ses décors et son patrimoine exceptionnels. Et, pendant près de 50 minutes, vous êtes conviés à une déambulation nocturne et sensorielle. Guidés par la lumière, vous explorez les six chapelles qui entourent la crypte du tombeau de Napoléon Ier, où progressivement, l'invisible se révèle. Un spectacle magnifique. Pour en savoir plus, ici.

News flash

La peur de s'exprimer dans une langue étrangère

Alors que des millions de Français s’apprêtent à voyager vers l’Espagne, l’Italie ou le Portugal, une étude du Cercle des Langues révèle que la barrière linguistique génère du stress pour 80 % d'entre eux, influençant jusqu’à leur choix de destination.

 
Une rentrée littéraire 2026 en légère baisse

Après la hausse de 2025, le nombre de romans publiés à la rentrée repart à la baisse, mais reste, avec 461 titres entre août et octobre, très légèrement supérieur à son niveau de 2024.

 
Un biopic sur les Rolling Stones ?
Encouragé par le succès des films biographiques musicaux, Mick Jagger se dit « intéressé ». par un biopic sur les Rolling Stones. La question est, selon lui : « Quelles sont les deux années qui valent la peine d’être racontées ? »...
 
Peine de mort en forte hausse

Dans son rapport annuel, l’ONG recense 2 707 cas pour seulement 17 pays, soit le plus haut niveau depuis 1981. Un bond principalement dû à l’Iran où les peines de mort ont plus que doublé l’an passé.

 
Ecosse, le livre a toujours son public

Si la vente de livres continue de ralentir dans le reste du Royaume-Uni, l’Écosse arbore une santé surprenante avec des ventes en progression, confirmant une dynamique déjà visible l’année précédente d'après le Bookseller.