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Faut-il rendre les œuvres d’art à leurs pays d’origine ?

Marie Torres - 8 octobre 2016
Le 27 juillet dernier, le gouvernement béninois demandait à la France de lui restituer les trésors royaux pillés lors la conquête de 1892. Si, aujourd’hui, aucune décision officielle n’a été prise, le débat est relancé. Micmag fait le point.
IGBO MWO Masque, Nigeria -19e/début du 20e siècle - Leonard et Judith Kahan, USA

A qui appartient l’art ? Est-il universel ou la propriété du pays qui l’a créé ? Le débat n’est pas nouveau mais la demande faite à la France par le gouvernement béninois, en juillet dernier, et concernant la restitution de près de 5000 pièces, le relance.

Mais que dit la loi ?

La convention de 1970 de l’Unesco sur le pillage des biens culturels et leur restitution à leur pays d’origine, complétée par la convention Unidroit de 1995, ne s’applique qu’aux faits postérieurs à 1970. Par ailleurs, selon la loi française, toutes les œuvres détenues dans les collections des musées de France sont inaliénables, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être cédées ou vendues. Ceci paraît clair et sans appel.

Existe-t-il des exceptions ?

Oui, comme dans toutes les règles, il existe des aménagements, basés essentiellement sur des arguments éthiques. Ainsi, une œuvre peut être rendue à titre exceptionnel si le parlement vote son déclassement, soit après avis d’une commission scientifique nationale des musées de France. C’est ainsi qu'en 2009 notre pays a restitué à l’Egypte cinq fragments de fresques issus d’un tombeau égyptien qui étaient exposés au Louvre. La raison ? Des doutes sur la légalité de leur sortie du territoire égyptien.

La seconde exception est plus politique et s’appuie sur une dette morale et matérielle due aux peuples colonisés. Elle se traduit, par exemple, par la restitution des têtes maories à la Nouvelle-Zélande, en 2012, ou des restes de la Vénus Hottentote à l’Afrique du Sud, en 2002.

Ces demandes sont-elles amenées à se répéter ?

C’est fort probable car si c’est le continent africain qui est le plus concerné – 90 % de son patrimoine artistique se trouveraient en dehors de son territoire –, il n’est pas le seul. Plusieurs pays, au passé culturel riche, vont vouloir se réapproprier leur histoire et se pencher sur la manière dont les grandes puissances ont constitué leurs musées… On pense bien sûr à l’Asie, l’Océanie mais aussi l’Egypte, la Turquie ou l’Amérique du Sud.

LA solution ?

On imagine bien que les grandes nations occidentales n’accepteront jamais de vider leurs musées… Alors existe-t-il une solution qui satisferait tout le monde ? Peut-être se cache-t-elle parmi toutes les idées émises depuis bien des années : restituer les pièces vraiment mal acquises, se séparer de certains objets que les musées possèdent en multiples exemplaires, faire des copies, concéder des prêts perpétuels, organiser des expositions, utiliser les technologies nouvelles – les œuvres resteraient dans les musées et leur représentation virtuelle serait accessible dans les pays d’origine -, il est même proposé de faire une succursale du Musée du Quai Branly en Afrique. En attendant, nous avons demandé leur point de vue  à :

Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) Lire la suite

Serge Schoffel,
galeriste d’Art Premier à Bruxelles. Lire la suite

Lire aussi : 
Faut-il rendre des oeuvres de musées ?


Marie Torres pour www.micmag.fr
Légende de la 1ère photo
LOBI Silhouette d'homme debout
Burkina Faso - 19e siècle
Carlo Monzino, Castagnola, Suisse

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