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La Chauve-Souris, hommage à la résistance collective des artistes internés au camp de Terezin

Jean-Christophe Mary - 8 mars 2019
Œuvre troublante par son tourbillon de quiproquos et de situations cocasses, La Chauve-souris fut jouée dans le camp de Terezin en 1944, où quelques-uns des meilleurs musiciens d’Europe se trouvaient emprisonnés par les nazis.

En 1944, dans le camp des déportés de Terezin (République tchèque) là, où quelques-uns des meilleurs musiciens d’Europe se trouvèrent emprisonnés par les nazis, La Chauve-souris fut l’une des oeuvres les plus représentées, après La Flûte enchantée, Carmen, le Requiem de Verdi ou Brundibar célébre conte pour enfants. 

Loin de leur avoir été imposée par leurs bourreaux, cette opérette en 3 actes a été voulue et portée par l’un des musiciens internés : Wolgang Lederer. Il réunit une distribution « digne d’une scène d’opéra des décors attrayants des costumes très colorés » (Joza Karas). S’inspirant de ce contexte de création, il s’agira de se ressaisir de la nécessité vitale, de l’ébriété salvatrice, de la puissance de sublimation qui animent cette musique, et de l’élan de résistance collective qu’elle a pu inspirer. « Quel fut l’art pour eux tous ? Une façon de tenir pleinement déployé l’éventail des sentiments, des idées, des sensations pour que la vie ne fut pas réduite à la seule dimension de l’horreur. » (Milan Kundera)

En décidant de monter La Chauve-souris de Johan Strauss, dans cet environnement concentrationnaire fait de désolation, de menaces permanentes et de mort, ces musiciens et ces chanteurs internés à Terezin défiaient résolument la tentative d’anéantissement dont ils étaient les victimes. Par un paradoxal pied de nez lancé à la face de l’entreprise de mort nazie qui programmait leur disparition, ils brandissaient l’ivresse, la joie, la sensualité. L’humour viennois si caractéristique qui irrigue de part en part le livret et la musique, devient, dans ce contexte, à la fois corrosif, mordant, dénonciateur, et plus que jamais, élégance de l’esprit et politesse du désespoir. 

Dans le cadre de la célébration anniversaire de ces 350 ans, l’Opéra de Paris renforce sa présence en région, avec une tournée de cette nouvelle production de La Chauve-souris de Johann Strauss, qui réunit l’ensemble des artistes en résidence. Une belle occasion de renouer ses liens avec la MC93, maison de la culture de Seine-Saint-Denis, qui avait accueilli auparavant plusieurs production de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris. Malgré la légèreté de ses mélodies et son intrigue burlesque, l’oeuvre de Strauss est imprégnée de la nostalgie pour un monde qui disparaît, caractéristique de la fin du XIXe siècle. S’inspirant de ce contexte, la metteur en scène Célie Pauthe se saisit de l’ébriété salvatrice qui anime cette musique et de l’élan de résistance collective qu’elle a pu inspirée. A découvrir du 13 au 23 mars 2019.

Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net
MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis
9 boulevard Lénine
93000 Bobigny
Du 13 au 25 mars 2019
De 9 à 25 euros
Ligne 5
Station Bobigny – Pablo Picasso - puis 5 minutes à pied
Tramway T1 - Station Hôtel-de-ville de Bobigny – Maison de la Culture
Bus 146, 148, 303, 615, 620 - Station Bobigny - Pablo Picasso
Bus 134, 234, 251, 322, 301 - Station Hôtel-de-ville

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