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- Agenda Mise en scène japonisante et zen pour Madame ButterflyJean-Christophe Mary - 18 septembre 2019 A travers l'histoire de la séduction puis de l’abandon d’une jeune geisha japonaise par un officier américain, Robert Wilson mets en scène la confrontation de deux mondes : le Japon ancré dans ses coutumes et ses traditions ancestrales, et le nouveau monde, une Amérique conquérante et inconséquente.
En mission au pays du soleil levant, le lieutenant Pinkerton noue un contrat de mariage avec Cio-Cio-San, Madame Butterfly, jeune geisha issue d’une famille noble japonaise devenue pauvre. Une fois rentré en Amérique, la jeune femme attend patiemment le retour de son mari dont elle a eu un fils. Trois ans se sont écoulés depuis le départ de l'officier, mais Cio-Cio-San attend toujours. Quand F.B.Pinkerton revient au Japon, c'est au bras de son épouse américaine. Trahie, désohonnorée, Madame Butterfly se donne la mort avec un Jigai, la version féminine du seppuku. Nous sommes à Nagaski au Japon en 1900, un peu avant la première Guerre mondiale. Le spectateur découvre la scène: un simple plateau de bois qui rappelle les planches du théâtre japonais. Cette sobriété du décor laisse une large place aux lumières absolument somptueuses. Ainsi, de l’initiation amoureuse à l’éclosion du désir entre les deux personnages principaux, la mise en scène propose une succession d’étonnants tableaux poétiques comme ce magnifique tableau de lumières quand les deux amoureux s’avouent leur passion. D’autres tableaux sont plus surprenants, celui où Lo Zio, l’oncle de Cio-Cio-San, interrompt le mariage et bannit la jeune fille de sa famille. La colère du bonze en arrière-plan est symbolisée par ce gigantesque écran lumineux qui vire du bleu ciel, représentant la naïveté du rêve de l’héroïne, au rouge feu incandescent. Un quart de siècle après sa création en 1993, la mise en scène japonisante de Robert Wilson autour de ces masques blancs, cette gestuelle stylisée et ces costumes monochromes et rectilignes, est toujours aussi lyrique. On salue cette élégante chorégraphie inspirée du théâtre du Nô avec où les personnages se déplacent à petits pas telle une pantomime dansée, cette gestuelle des mains et des corps qui symbolise avec retenue l’ardeur, la passion d’un impossible amour et d’une violence sous jacente.Voix corsée, vibrato affirmé, la soprano Ana Maria Martinez excelle dans le rôle de Cio-Cio-San quand elle s’abandonne totalement à son époux, lui demande de l’aimer comme un enfant. Totalement troublante aussi quand elle se livre corps et âme à l’officier, renonce à sa famille, ses coutumes, ses traditions. La cantatrice livre une prestation qui monte en puissance tout au long de la tragédie. Le ténor Giorgio Berrugi qui endosse lui le rôle du Lieutenant Pinkerton possède une signature vocale identifiable dès les premières mesures. Il irradie la scène de ses attaques veloutées avec belles inflexions aérienne dans le phrasé. Dans son interprétation de Suzuki, Marie-Nicole Lemieux se montre éblouissante par l’ampleur de sa voix. Quand à la colère, exprimée par la puissance des basses de Robert Pomakov (Le Bonze), elle est des plus terrifiante. Si on ajoute à cela la musique romantique et majestueuse de Puccini, la direction d’orchestre confiée à la baguette de Giacomo Sagripanti, ces quinze nouvelles représentations raisonnent déjà aux airs de triomphe. Jean-Christophe Mary pour www.micmag.net
Madame Butterfly
de Puccini Opéra Bastille jusqu'au 13 novembre 2019 19 h 30 2 h 45 avec entracte Entre 15 et 145 euros j
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Photo extraite du film de Mario Grave - S'abonner sur notre canal Youtube pour avoir accès à nos films :
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