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Jeu de miroir, entre Rosa et Marie

Marie Torres - 21 février 2015
Inclassable, dit l’éditeur. Et, en effet, le livre de l’Espagnole Rosa Montero, « L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir », n’est ni un roman, ni une biographie. Pas même un essai. Juste une longue lettre envoyée par une amie, après la lecture du journal de Marie Curie. Et c’est magnifique.

Lorsqu’on tourne la dernière page du roman de Rosa Montero, « L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir », on connaît mieux, on connaît bien Marie Curie. Cette femme hors normes. Cette scientifique, Prix Nobel de chimie en  1911. Et pourtant ce roman n’est pas une biographie. Il n’a pas ce côté parfois  ennuyeux qu’ont les biographies lorsque leurs auteurs se sentent « obligés » de remonter aux origines très lointaines du personnage dont ils peignent le parcours. Non, le roman de Rosa Montero n’a rien d’une biographie. Et surtout rien d’ennuyeux.

Touchée par le chagrin de cette scientifique qu’on a souvent décrite comme insensible

En fait, l’auteur a été chargée d’écrire une préface pour le journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre, son mari. Et voilà Rosa Montero prise par le flot des mots. Touchée par le chagrin de cette scientifique qu’on a souvent décrite comme insensible. Froide. Il faut dire que Rosa est d’autant plus touchée par la tristesse, le désespoir de Marie, qu’elle a, elle aussi, perdu l’homme qu’elle aimait, Pablo. L’homme avec qui elle a partagé tant d’années de bonheur

Alors, ce qui devait être au départ une préface devient une sorte de longue lettre adressée à une amie. Oui c’est ainsi qu’on lit cet ouvrage, la lettre d’une amie qui vient de lire le journal de Marie Curie et qui nous en transmet quelques pages. Quelques facettes. En y mêlant ses réflexions, ses observations mais aussi ses souvenirs.

En suivant Rosa Montero, on découvre une Marie Curie combative. Une Marie qui se bat et triomphe sur tous les terrains. Celui de la science. Celui  de la vie de couple. Celui  de l’amour maternel.  Le tout à une époque où, ne l’oubliez pas, les RTT n’existaient pas !

Avec Rosa, on découvre aussi la « folie » que la découverte du radium déclencha. Une « folie » qu’on a du mal à imaginer, lisez plutôt.

« On avait même fabriqué de la laine radioactive pour faire des habits pour bébés »

« On rajouta du radium dans les cosmétiques : dans les crèmes pour le visage qui vous gardaient soi-disant éternellement jeunes, dans le rouge à lèvres, dans les lotions pour renforcer et embellir la chevelure, dans les dentifrice pour rendre les dents très blanches et foudroyer les caries, dans les onguents miraculeux contre la cellulite. Une réclame Alpha-radium disait : « La radioactivité est un élément essentiel pour garder les cellules de la peau saine » (…) S’ils se mettaient un sac avec du radium sur le scrotum, les impuissants guérissaient. Si vous attachiez ce sac à votre taille, vous n’aviez plus d’arthrite. Les bains radioactifs vous rendaient votre vigueur, et un peu de radium soignait des maux tels que les névralgies ou rhumes. (…) On avait même fabriqué de la laine radioactive pour faire des habits pour bébés. »… Cela donne froid dans le dos, non ?

Et à suivre ainsi le récit de la vie de la scientifique, entrecoupé par les souvenirs et les anecdotes de l’auteur, on ne voit pas le temps passé. On est tour à tour, touché, surpris, admiratif, amusé. Et à la fin, on a l’impression d’avoir deux amies de plus, Marie et Rosa.

Marie Torres
L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir
Rosa Montero
Editions Métaillé, 22 janvier 2015
17 euros

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