05-12-2011 16:16:01

Le rock martien de Tom Waits est de retour

La canaille rédemptrice, le trapéziste du rock, le loup hurlant, le poète noctambule, le prestidigitateur, le coquin, le vieux fou, le compositeur des âmes perdues, celui qui ne se laisse asservir par rien ni par personne est de retour.

C’est un Tom Waits qui revient avec l’envie de poursuivre à donner du fil à retordre, de tout mettre sens dessus dessous. Il est de retour bien qu’il ne soit jamais parti. N'ayant produit aucune nouveauté durant sept années de silence, la dernière chose que nous ayons pu écouter de l’américain était un disque live Glitter and Doom et le fort recommandable Orphans : brawlers, bawlers & bastards, triple album dans lequel Waits rassemble des éléments majoritairement inédits de presque quatre décennies de carrière discographique. Cependant, et malgré l’apparente période stérile du compositeur, rien ne semble avoir changé dans l’univers Waits. Rock martien, blues râpeux et certains clins d’œil à l’art ancien du vaudeville continuent à passer par la moulinette artistique du musicien. "Je crois que toute cette divergence entre genres relève plus du marketing que d’autre chose", affirmait Tom, il y a peu , conscient du fait que sa musique a toujours joué sur le terrain de l’inclassable. C’est que l’artiste américain s’est révélé au fil des ans une véritable éponge au moment d’absorber les substances pour son abécédaire musical. Depuis ses débuts, dans les bas-fonds du blues et du jazz, jusqu’à ses premiers pas en tant que génie iconoclaste du rock avec des disques comme Swordfishtrombones et Rain Dogs, Waits a su garder sa marque, mettant au piquet tous ceux qui prétendaient le mettre dans une case. Cette intention prévaut dans Bad As Me, un portrait de tout ce dont est capable l’américain. Dans ce dernier album, le blues de Chicago est empreint de musiques aux sonorités espagnoles ("Back In The Crowd"), puisque le californien s’associe à David Hidalgo, le chanteur de Los Lobos. Et ce n’est pas le seul musicien que l’artiste invite à sa petite fête privée. Keith Richards, autre légende de la musique, met sa guitare au service de Waits dans diverses chansons de Bad As Me et dans un sursaut de nostalgie, il chante en duo "Last Leaf", un des thèmes les plus remarquables du LP. Nonobstant, s'il convient de mentionner les opus de l’album, ce sont les compositions dans lesquelles le poète met les pieds dans le plat, où il rit de lui-même, où il guette sa victime et l’attaque. Il en est ainsi dans le thème phare où Tom réinvente le blues en tant que munition. Il y a aussi "Hell Broke Luce" qui rappelle le Waits aux rythmes saccadés et industrieux et "Face To The Highway", dans lequel la voix paraît s’éloigner lentement vers l’horizon. Il devient même insolent avec "Satisfied", allant au-delà du thème mythique des Stones. Il est entendu qu’un bon combattant doit savoir tendre l’autre joue. "Talking At The Same Time", "Pay Me", "Kiss Me". Des mélodies qui pénètrent le cœur, des chansons pleines de charme et de volutes, des compositions que Waits semble fredonner depuis son propre cabaret nocturne. Un entracte pour un artiste qui ne semble pas vouloir abandonner le ring. Et c’est que Bad As Me nous rend le Waits le plus bagarreur, celui qui prend le chemin le plus direct vers la fin de la chanson. Appuyant sur l’accélérateur, l’artiste recommence à se perdre dans les confins. Et il le disait lui-même dans une interview lorsqu’on lui demandait si, en ce qui le concernait, la voiture était un bon endroit pour composer : "C'est une sensation de se laisser aller. Et tu bouges, comme bouge la chanson quand elle tourne dans la cassette". Toujours plus loin.


 
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