Paris - Ciné

Argentine : Elvis ressuscité au cinéma

Brigitte Berganton - 23 janvier 2013
Sortie nationale en France du premier film du réalisateur Argentin Armando Bo, El Ultimo Elvis est aussi la première fiction inspirée du King. Un film vertigineux !
Carlos alias Elvis pour son Anniversaire à Graceland
















El Ultimo Elvis, premier long métrage du réalisateur, Armando Bo, issu de la publicité, co-scénariste d’Iñarritu (Biutiful) héritier d’une tradition familiale (petit fils et fils des acteurs, réalisateurs et producteurs Don Armando Bo et Victor Bo).

"Consacré à San Sébastian dans la section Horizontes Latinos"

Ce film sorti depuis avril en Argentine et le 16 janvier en France s’était fait remarquer à Toulouse (Festival CinéLatino) en obtenant le « Prix Découverte de la Critique » avant d’être consacré à San Sébastian dans la section Horizontes Latinos (septembre 2012). Ce film est un hommage à Elvis, la fiction d’un jeune réalisateur Argentin, premier exemple en son genre, à une star américaine incontournable dans l’histoire de la musique, le dernier Roi du Rock’n’Roll. Sachant qu’Elvis s’était lui-même adonné au 7è art, dès les 50’s, avant même de partir à la guerre et qu’il participera par la suite à de nombreux films (malheureusement souvent assez mauvais, choix pas très judicieux sous l’influence du Colonel Tom Parker) qui contribueront néanmoins à son succès musical.

Architecte de métier,  fan d’Elvis...

La surprise d’El Ultimo Elvis, c’est l’acteur lui-même qui incarne Elvis alias Carlos Gutiérrez, ouvrier manutentionnaire de la banlieue de Buenos Aires. Sosie d’Elvis, il est fasciné par sa personnalité et son destin jusqu’à un surréalisme poétique, désespéré et jusqu’au-boutiste, proche d’une espèce de shizophrénie. L’acteur choisi finalement par le réalisateur, John Mc Inerny, n’est pas un professionnel. Architecte de métier, il est en revanche un authentique fan d’Elvis. Et il a finalement remporté le rôle, non pas grâce à sa ressemblance physique avec le King mais en fonction de la connaissance de son répertoire, de sa vie et surtout de ses interprétations musicales.

Le personnage du film, sosie Argentin d’Elvis, donne la nuit des concerts dans des lieux souvent minables ou dépeuplés avec passion, revêtu des tenues de scènes de la star, qui tournent souvent à la caricature, rappellant Elvis lors de sa décadence. Pourtant, ce portrait d’une vie odinaire (ouvrier solitaire et désargenté, à l’étroit dans son existence qu’il transcende par procuration), divorcé et paumé et dont la mère est mourante a une fille appellée Lisa Marie comme celle du King, faite de parallélismes et de mimétisme avec celle d’Elvis, reste touchante, dans l’empathie et l’émotion. Elle livre un univers inattendu (en allant chercher son maigre cachet, il toise au passage Mick Jagger, Iggy Pop ou Freddie Mercury, d’autres sosies), empreint d’une fatale nostalgie.

Puis, le scénario offre un virage surprenant lorsque Carlos-Elvis, déterminé comme jamais, après avoir annoncé qu’il préparait de grandes choses prend un avion pour Graceland, la mythique propriété du King achetée en 57.

Il est lui aussi à l’aube de son 42è anniversaire !...

Il ne nous reste plus qu’à écouter la version de Always on my mind par John Mc Inerny et de courir voir le film !!

Brigitte Berganton



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