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Mali - Bamako - Portraits Malick Sidibé, le cliché nostalgique du Mali !Monique Cabré pour Micmag - 3 juillet 2012 Né à Soloba au Mali en 1936, Malick Sidibé est devenu au fil des années un artiste majeur de la photographie africaine, reconnu par-delà les frontières de son pays.
Une rencontre Micmag à Bamako.
Le rencontrer est un honneur et un plaisir savoureux tant il raconte avec un sourire qui ne le quitte pas et une bonne humeur jamais altérée, son parcours. Assis à sa petite table peinte d’un vert vif, sur le pas de la porte de son studio, Malick ne perd pas une miette de l’agitation qui l’entoure. D’un œil qui frise, il regarde passer les belles femmes de Bamako Il continue de s’extasier sur cette jeunesse qui certes a changé, mais qui continue de le séduire. « Moi je venais de la brousse, j’étais très étonné de voir tous ces vélos…j’ai pensé, ça c’est autre chose ! ». De la brousse à la capitale Le minuscule studio étonne par la quantité d’appareils photos et de documents qui encombrent les étagères. Malick s’y retrouve !
Il se situe dans le quartier de Bagadadji, ouvert en 1962, au moment même de l’indépendance du pays. « J’ai vite été submergé. Avec la libération des jeunes et la musique, c’était formidable. Cette jeunesse des années 1960 qui connait la liberté apportée par l’indépendance, l’inconscience des enfants, la musique qui permait aux hommes et aux femmes de se rapprocher, les garçons cravatés, les filles habillées de jolies robes inspirées de la mode occidentale… », Malick en rit encore de plaisir. Les photos sont prises sur le vif, au flash, avec son Rolleiflex, fixant la spontanéité et l’euphorie. Avec ses amis qui s’arrêtent fréquemment au studio et s’installent sur une petite chaise dehors à ses côtés, il évoque le bon vieux temps. Celui où des groupes musicaux comme le Las Vegas passaient dans les clubs le soir et salons de thé l’après-midi. Fernand l’ambianceur, celui qui d’un tour de main couchait une fille sur son genoux lors d’un rock endiablé, s’en souvient, « Malick faisait le tour des dancings jusque tard dans la nuit, déambulant dans les rues encombrées, poussiéreuses, riches en couleurs ; à l’époque c’était beau Bamako ! » « Je faisais la tournée, allant du Moscou au Tahiti, en passant par le Tropicana » « Les gens dansaient alors la charanga, le pachanga, le blues ou le rock » ajoute Nany, ex musicien du Las Vegas, « après on ramenait les filles le matin. Rien n’était provocant dans leurs tenues, elles savaient conserver une certaine pudeur ».
« Ils étaient plus heureux, la situation économique moins tendue, le pays plus stable, poursuit Malick. Je me souviens de ces dimanches à la plage de « Mise en scène Malick joue avec les compositions graphiques, les contrastes, la lumière. Il aime la rondeur des courbes féminines qu’il associe aux dessins géométriques des tissus. La fierté du Mali J’ai aimé mon métier, je ne l’ai pas fait exprès ! Les habitants de Soloba lui sont reconnaissants : « il a sorti Soloba du trou, que Dieu le récompense ». Et le grand Malick Sidibé de conclure « le succès n’a pas changé mon comportement, il m’a permis de donner, le tombeau n’a pas besoin d’argent. Pour moi, tant que j’ai la vision, je continue à faire de la photo, ça me donne un sens à la vie. Quand j’arrêterai ? Quand je serai mort, peut-être ! ». Monique Cabré
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