Paris - 

L’improbable caverne de Mr de la Reghin

Texte Maurice d’Orange-Vidéo Civa de Gandillac - 
Une grotte, 50m2 de toiles, 3 pinceaux, les couleurs dont on dispose, un peintre, 100 heures à perdre, un vieux rêve persistant … bref encore une histoire à dormir debout.

Sous cette accroche évanescente se trouve l’entreprise d’un peintre transylvain sans doute bercé par de lointains souvenirs d’enfance. En 10 jours, 100 heures il peindra son imaginaire sur un format peu courant – l’intérieur d’une grotte [NDT Pechtera en roumain] - reconstituée de toile, sous les voutes de la petite ceinture de Paris dans la Galerie de la Vache Bleue. 100 heures de solitude en hommage à ce travail de romain, et aussi à l’esprit sud-américain de Gabriel Garcia Marquez si présent dans l’univers de la Vache bleue.

Le regard de Civa de Gandillac rencontre cette œuvre peu banale et produit aussitôt un objet cinématographique parfait écho du sujet : 2 minutes d’une magie inconnue.

L'artiste :

Costéa de la Reghin est un artiste naturel, formé dans une des plus solides écoles des pays de l’Est, celle de Timisoara. Cette formation fera de lui un artiste complet ; sculpture, peinture, gravure et l’ensemble des pratiques des arts plastiques.

Appelé du contingent durant la révolution Roumaine, cet improbable peintre soldat transylvain (relatif à la Transylvanie dans les Carpathes) produira à partir de cette période plus de 800 œuvres, de toutes tailles, de toutes formes et sur tous type de supports.  Cette mitraillette à idées et son style influencera nombre de d’artistes roumains de sa génération. En 1999, attiré par la mémoire de l’ombre des dernières lueurs de la finissante ville lumière, il s’installera à Paris avec sa femme.

Botticelli, la renaissance, des traces de mythologie urbaine, Urmuz l’écrivain, des histoires de la campagne transylvaine, sont ses sources d’imaginaire. Un dessin simple et clair, une technique de peinture par couche permettant l’expression de ces dialogues intimes qui conduisent l’écriture des histoires de nos vies. « il parle avec sa peinture » comme nous enfants, nous nous racontions des histoires, comme nous adultes, nous parlons avec nous-mêmes. Des billevesées, des histoires de brigands, des histoires à dormir debout … Mais qu’auraient-vraiment pensé les frères Goncourt s’ils l’avaient connu ? Eux, qui s’amusaient des regards portés sur les œuvres « Ce qui entend le plus de bêtises au monde c’est peut être un tableau de musée ».

C’est au fondamental de ce que nous autres sommes, à notre commun qu’il s’adresse. J’aimerais apprendre de lui cette capacité d’expression simple et signifiante, comme le fait de signer ses œuvres d’une simple maison, de peindre des miniatures de cerveau sur des morceaux de cuir, de vrais morceaux d’épidermes, ou bien comme dans cette exposition, de peindre cette grotte pleine d’histoires comme nous l’avons tous fait quand nous étions enfants, comme nos ancêtres l’ont fait il y a bien longtemps, nous léguant les premières traces de l’expression artistique humaine. Poésie des images, nos histoires sont toutes les mêmes, seules les couleurs changent.

Certains aiment, d’autres non, clarté d’une ligne de fracture significative des esprits de notre temps mais couveuse, je vous l’assure, des germes de la transition intellectuelle nécessaire aux paris d’aujourd’hui.

Maurice d’Orange pour www.micmag.net

Un regard  sur ses productions :

 surcosteadelareghin.wordpress.com/


L’œuvre : visible tout l’été à la vache bleue – 25 quai de l’Oise Paris 19 ème.
Juste en face du parc de laVillette, une belle occasion de prolonger une promenade estivale
La fabrication de l’œuvre : l’histoire de la réalisation de ce vieux rêve en image et en musique
Une opération Egide mécénat

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