- Lire

Le bonheur et autres broutilles

Marie Torres - 24 janvier 2017
Après le succès de « L’homme qui fuyait le Nobel », paru fin 2015, Patrick Tudoret publie « Le bonheur et autres broutilles », chroniques écrites, entre 2004 et 2016, pour le journal La Montagne. Ironiques, drôles, désenchantés ou enthousiastes, ces billets d’humeur ne manqueront pas de vous ravir.
Patrick Tudoret - Photo Minh Lan Tran

Qu’est-ce qu’une chronique ? « La chronique est le lieu par excellence où le rédacteur peut prendre un peu de cette distance qui manque tant à ses confrères qui couvrent l’actualité. » nous dit le très sérieux « Guide de l’écriture journalistique ». Une chronique, c’est un texte court, certes, mais un texte libre, qui peut faire réfléchir mais aussi sourire voire rire.

« L’agenda, c’est un peu comme la Légion d’honneur »

Aussi lorsque Patrick Tudoret, écrivain, pend sa plume de journaliste pour écrire ses fameuses chroniques, publiées depuis 2004 dans le journal La Montagne, incontestablement il se fait plaisir. Il observe, il analyse, il commente. Les joies et les drames de son époque mais aussi les particularités et les travers de ses semblables. Et, s’il effleure – ou appuie – des zones sensibles, force est de reconnaître qu’il est… dans le vrai. Prenons, par exemple, ce besoin que nous avons tous – ou presque – de « noircir » nos agendas, d’y inscrire scrupuleusement réunions, rendez-vous…

« L’agenda, c’est un peu comme la Légion d’honneur. Si on pouvait le porter à la boutonnière, l’affaire serait vite emballée. Il dit notre statut avec un air de ne pas y toucher. Il permet de nous cerner mieux encore qu’un diplôme ou une épaulette dorée et hisse haut les couleurs d’une caste : celle des cadres et des gens responsables… »

A la question « Pourquoi écrivez-vous des chroniques ? », Patrick Tudoret répond « C’est d’abord un honneur que de marcher sur les traces d’« Alexandre le Grand » (Vialatte) et ce genre, à la fois court et exigeant, me rappelle l’« art du bref » des moralistes français parmi lesquels il s’est fait quelques maîtres : Chamfort, La Rochefoucauld, Vauvenargues ou plus récemment un Jules Renard et, bien sûr Alexandre Vialatte lui-même. Leur art du langage aussi est une leçon. Ciselé, choisi, d’une précision incisive, il répond à l’injonction de tout dire en quelques mots et il est parmi ce qu’il y a de meilleur dans notre histoire littéraire. »

[…] ces chroniques sont pour lui l’occasion de convoquer les grands noms de la littérature

Et qu’en est-il du plaisir ? « Volupté serait encore mieux dire, renchérit Patrick Tudoret, tant la vivacité d’esprit et de plume est la clé de cet exercice. Entre deux romans, deux écrits de plus d’« importance » en termes de volume, la chronique, la forme courte, sont une discipline des plus salutaires, je dirais même une morale plus encore qu’une esthétique dans la fréquentation de ce monde souvent bien déroutant… »

Ironiques, drôles, désenchantés ou enthousiasmes, ces billets d’humeur, qu’ils brossent l’« homme préhystérique » ou les « grossistes en eau de rose », ne laissent jamais indifférent. Ils font sourire voire rire – même si parfois le rire vire au jaune - et poussent à la réflexion. Et, comme l’écrivain Patrick Tudoret n’est jamais très loin du journaliste, ces chroniques sont pour lui l’occasion de convoquer les grands noms de la littérature à travers quelques-unes de leurs citations. Alexandre Vialatte, Fédor Dostoïevski, Friedrich Hölderlin, Michel Déon ou encore Walter Benjamin dont ces quelques mots pourraient bien résumer notre Histoire « Pauvres, voilà bien ce que nous sommes devenus. Pièce par pièce, nous avons dispersé l’héritage de l’humanité, nous avons dû laisser ce trésor au mont de piété, souvent pour un centième de sa valeur, en échange de la piécette de l’“actuel” ». A lire et à méditer.

A lire aussi L’homme qui Fuyait le Nobel (Grasset), Prix Claude Farrère et Prix des Grands Espaces 2016

Et pour en savoir plus sur Patrick Tudoret, cliquez ici

Marie Torres pour www.micmag.fr
Le bonheur et autres broutilles
Chroniques du journal La Montagne
Patrick Tudoret
Editions Les Belles Lettres, paru le 12 janvier 2017
17,50 euros

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

Eventos

Mundo vintage (clicar no título)

Vous voulez tout connaître sur la Saint Valentin ? Son origine, ses rites, ses pratiques ? La rédaction de micmag.net vous a concocté un bon petit dossier… Lire la suite, ici.



Destaques de París

Qui n’a jamais rêvé de découvrir les secrets de l’espionnage ? Les clichés et les fantasmes sur le monde du renseignement sont nombreux, mais quelles sont leurs limites  ? "Espion", l'exposition de la Cité des sciences et de l'industrie vous offre une intrigue unique imaginée à partir d’une documentation sur l’espionnage qui en dévoile l’envers du décor… La suite ici.

Notícias

Bowie donne son nom à une rue

Le 10 janvier, le maire du XIIIe arrondissement de Paris a confirmé qu'une rue prendrait le nom de David Bowie dans le quartier de la gare d'Austerlitz. Un vote est prévu en février.

 
Marbella, le paradis et l'enfer des narcos
Marbella,  refuge de milliardaires en Espagne, 6 assassinats en pleine rue en trois mois. Le dernier, un français de 60 ans. Guerre de clans de narcos ? La police est muette.
 
Le sous marin des narcos
Sur les côtes de Galice (Espagne), la police a repéré un sous marin chargé de 3000 kg de cocaïne pure estimé à plus de 100 millions d'euros. 2 personnes arrêtées et une autre en fuite. Une première en Europe. 
 
Mortel selfie
Selon une étude du All India Institute of Medical Sciences de 2018, les accidents de selfies ont fait 259 morts dans le monde entre octobre 2011 et novembre 2017.
 
"Bowie m'a montré son gros sexe pour me remercier d'une ligne de coke"
C'est ainsi que s'exprime dans son livre  Face it, la chanteuse Debbie Harry (74 ans aujourd'hui) du groupe Blondie. Elle termine par :"le sexe de David était je dois bien l'avouer impressionnant."