- Lire

Dernière valse à Venise

Marie Torres - 5 octobre 2017
C'est à Venise, entre le café Florian, le Rubby's, l'hôtel Excelsior et la Fenice, que se déroule la dernière intrigue de Stéphane Héaume. Amour, mystère, mensonge, illusion se mêlent sur fond d'opéra pour nous offrir cette "Dernière valse...". Et c'est magnifique.

Venise. Rodolphe Marchant, alcoolique, malade, ruiné, est au terme de son parcours. Le matin même son médecin lui a annoncé : sept mois à vivre. Pas plus. Mais là, assis à la terrasse d'un café, devant son sixième ou septième verre, il n'y pense pas, trop occupé à observer la femme assise non loin de lui.

"Quand était-elle arrivée, précisément ? à quelle heure ? Au bout du quatrième verre, Rodolfo était incapable de se le rappeler. Il s'était dit - et il se le disait de plus en plus impérieusement - qu'il voulait - non - qu'il devait lui parler."

Il se rapproche de sa table, attend patiemment et finit par lui adresser la parole. Elle se présente : c'est Dorothy White, une ancienne danseuse. Alors, lui, l'ancien agent immobilier, aujourd'hui au chômage, devient tout naturellement Rodolfo Marchanti, un richissisme ténor. Et derrière ce masque, vont très vite se mêler mensonge et vérité, sincérité et illusion.

" [...] il avait fixé son plan de bataille - bataille livrée contre lui-même, bataille livrée contre l'échéance annoncée par le Dr Fadigatto - le visage bouffi que lui renvoyait le miroir, il allait le recomposer, les yeux baignés d'une vitreuse écume, il leur rendrait l'éclat de leur pleine santé. C'était décidé : il lèverait le rideau d'alcool tombé sur son reflet."

Elle lui redonne le goût à la vie et il se sent pousser des ailes. L'Opéra, le restaurant, la suite à l'hôtel Excelsior... Venise devient le berceau de leur singulière relation et ils décident de se donner sept jours pour s'aimer. Sept, n'est-ce-pas le nombre de mois qu'il reste à vivre à Rodolfo ? Sept, un nombre magique ou maudit ?

Ce huitième roman de Stéphane Héaume, cette Dernière valse à Venise, vous l'aimerez pour son histoire, belle et étrange à la fois ; ses personnages, lui, jeune et beau, elle, une beauté défraîchie ; pour, bien sûr, Venise et son décor fastueux et mélancolique. mais vous l'aimerez aussi pour sa musique. Pas seulement celle de la Felice, de Verdi, Strauss ou Puccini, mais pour celle, tout aussi belle, de l'écriture de Stéphane Héaume. Un roman délicat et esthétique.

A lire aussi,

L’insolite évasion de Sébastien Wimer
Sheridan Square 
L’idole noire

La musique du roman...

Marie Torres pour www.micmag.net
Dernière valse à Venise
Stéphane Héaume
Editions Serge Safran, Octobre 2017
14,90 euros

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • linkedin
  • Mixx
  • MySpace
  • netvibes
  • Twitter
 

ÉVÉNEMENTS

VINTAGE & COLLECTIONS

Cartes postales, voitures miniatures, coqs, boules de neige mais aussi jukeboxes... 23% des Français de plus de 15 ans déclarent réaliser une collection. Qui sont-ils ? Pourquoi conservent-ils des objets ? Retour sur quelques portraits de "passionnés". Lire la suite.

SORTIR À PARIS

Jusqu'au 11 novembre prochain, l'Atelier des Lumières nous plonge, avec un parcours immersif, parmi les artistes majeurs de la Vienne impériale de la fin du XIX siècle. En tête de file, les oeuvres de Gustav Klimt. Une véritable féérie. En savoir plus, ici.

BRÈVES

Victor del Arbol Prix SNCF 2018

Toutes les vagues de l’océan, de Victor del Arbol remporte le Prix SNCF 2018 du polar. Pour en savoir plus, ici.

 
Fred Vargas couronnée... en Espagne !
Considéré comme le Nobel de littérature dans le monde hispanophone, le prix Princesse des Asturies de littérature a été remis, le 24 mai, à  Fred Vargas.
 
Harcèlement sexuel

Le Nobel de littérature ne sera pas décerné en 2018 suite au scandale de harcèlement sexuel qui a touché l'institution en novembre dernier.

 
Mona Lisa - 30 millions d'euros pour le voyage
30 millions d'euros est le tarif pour déplacer Mona Lisa et la prêter trois mois dans un musée sous haute surveillance. 
 
Montpellier-Un commando cagoulé attaque des étudiants en réunion
C'est à Montpellier qu'un commando cagoulé armé de planches tranchantes et de matraques s'en est pris à des étudiants en grève de la fac de droit. Le doyen est mis en cause par les occupants.