- Dossier

Les traducteurs littéraires, ces auteurs invisibles

Marie Torres - 13 novembre 2015
Méconnus, les traducteurs littéraires ont le statut d'auteur à part entière et vivent pour la plupart de leur travail. Notre dossier dépoussière les clichés qui collent à ce métier et donne la parole à Laurence Kiefé, Hélène Fournier, Serge Quadruppani et Jean-Marie St-Lu.

Les tragédies grecques, le théâtre de Shakespeare, le Don Quichotte de Cervantès, les romans de Dostoïevski, les grands philosophes allemands ou plus simplement les enquêtes du commissaire Montalbano… À moins d’être polyglotte, comment accéder à ces œuvres ? Sans le traducteur, le patrimoine littéraire mondial ne serait accessible qu’à une élite. Véritable ambassadeur culturel, il ouvre les portes de la création littéraire mondiale. Pourtant, bien souvent, le lecteur est ingrat. Se souvient-il de son nom ? Est-il conscient de son travail ? Le considère-t-il comme un écrivain à part entière ? Rarement. Le lecteur agit comme si le texte traduit  était de l’auteur lui-même. Comme si, de Homère à Arnaldur Indriðason, tous ces auteurs s'exprimaient dans une unique langue : la sienne.

Pourtant le traducteur littéraire est un auteur – c’est d’ailleurs son statut juridique – présent aux côtés de « l’autre » auteur. Il l’interprète tout en lui restant fidèle. En France, ils sont environ 1 500 traducteurs et la plupart vivent de leur plume. Leurs revenus découlent essentiellement de trois sources : la rémunération de base calculée de façon très différente selon les feuillets (nombre de caractères, espaces inclus ou non, nombre de mots etc.); les droits d’auteur (exploitation de l’œuvre, ventes, droits du prêt public etc.,); les bourses et les subventions.

La rémunération des traducteurs

Les tarifs bruts moyens pour le feuillet de 1 500 signes, espaces et blancs compris, varient de 13 € à 33 € pour l’anglais vers le français, de 17,51 € à 55 € pour l’allemand, l’italien et l’espagnol vers le français et de 20 € à 45 € pour les autres langues vers le français. Du français vers d’autres langues, la fourchette est de 23 € à 40 € . *

Chez nos voisins européens, les tarifs pour  un feuillet de 1 500 signes varient de 12 € à 23 € en Allemagne ; de 8,75 € à 16 € en Espagne; de 6,42 € à 14,28 € en Catalogne; de 18,40 € à 28,80 € en Grande-Bretagne; de 4,50 € à 18,90 € en Italie; de 21,60 € à 30 € en Belgique. **

Aux États-Unis, la rémunération de base est calculée au nombre de mots, entre 0,09 € à 0,186 € par mot, soit environ de 21,47 € à 43,74 € le feuillet de 1500 signes.

Et, pour être complet, quelques chiffres concernant les nouveautés publiées en France : on en  compte environ 40 000 par an, un peu plus de 14 % sont des traductions; ce chiffre augmente lorsqu’il s’agit des fictions : sur 8 000 titres publiés, plus de 41 % sont des traductions.

Rencontre avec Laurence Kiefé, Hélène Fournier et Serge Quadruppani

Laurence Kiefé, présidente de l'Association des traducteurs littéraires de France  : "Par rapport à certains pays, la France c'est le Pérou"

Hélène Fournier, traductrice anglais/français de Dan Chaon, David Bergen, Holly Goddard-Jones, Tom Barbash.

Pour en savoir plus sur les conditions de travail des traducteurs en Europe, voici la dernière étude comparative publiée par le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires.


* Enquête Association des traducteurs littéraires de France 2015
** Enquête décembre 2008 Conseil européen des associations de traducteurs littéraires  (pas de nouvelle enquête depuis, et les chiffres ont peu changé)

Marie Torres pour www.micmag.net

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